Pour montrer le sérieux avec lequel il convient de traiter le sujet, j'ai choisi la méthode de Montaigne qui, pour des raisons pratiques, choisissait ses modèles dans son entourage immédiat, quand ce n'était pas lui. Voici donc une partie de l'histoire de ma fille, douze ans, élève de cinquième de collège.
Il était une fois une petite fille qui était née avec plein de fées attentionnées autour de son berceau. Elles avaient même tant de qualités à lui donner (c'est ma fille forcément) que cela durait, durait, durait... si bien ou plutôt si mal que celle désignée par le hasard comme la dernière s'ennuyait, s'ennuyait, s'ennuyait... Pour passer le temps, elle vidait les culots de bouteilles de Champagne pour fêter sa naissance. Quand arriva son tour, forcement donc, elle était en plein stade euphorique et ne trouva rien de plus drôle que d'affubler la petite de trois traits ataviques de sa mère : les genoux en X, le goût de la lecture et de l'écriture et la certitude que l'on pouvait bien vivre sans s'occuper de l'orthographe .
Les autres fées essayèrent d'arranger les choses mais elles n'avaient plus beaucoup de voeux et purent seulement rassurer la mère au desespoir (les genoux en X, c'est quand même pas toujours élégants !) en disant que les mauvais voeux pourraient s'atténuer à l'adolescence avec un peu de discipline.
L'enfance passa donc, ce qui donna parfois des moments cocasses.
L'institutrice : c'est désespérant, votre fille réussit en tout, mais l'orthographe, je ne sais plus quoi faire.
La mère (qui ne peut parler des fées, mais qui veut éviter le suicide de l'institutrice devant ce retentissant échec pédagogique) : ne vous en faite pas, chez nous, c'est génétique.
La prof principale en sixième : c'est tres bien mais il n'y aura que les encouragements car l'orthographe, cela fait tâche !
La mère décide de s'occuper du problème car l'adolescence étant venue, les voeux de la fée saoule ne doivent plus avoir autant d'effets.
Miracle : vous pouvez désormais l'enseigner dans les IUFM, c'est prouvé par l'expérience : plus Maria Potter a d'ennuis, moins son auteur fait de fautes d'orthographe !
La mère s'endort tranquillement et sereinement avec la satisfation d'un grand devoir accompli.
J'avais oublié un détail : Sur Internet, il y a aussi le chat d'Harry Potter. Je ne m'en occupais guère mais quand même, apres 2000 ans de tabous judéo chrétiens et l'éducation reçue de ma maman, je me dis qu'il faut que je surveille un peu ce que fait la gamine sur Internet et de quoi elle discute avec autant d'éclats de rire.
Et là, horreur !!!! Je ne parle pas du fond, complêtement vide, mais de la forme : un mélange de SMS, de phonétique et de n'importe quoi. Au moins trois fautes par mot, même s'il n'a qu'une syllabe et deux lettres !
Et là, je ne sais plus quoi faire.
Je crains que l'on ait pas fini de poser le problème de l'orthographe avec les nouveaux moyens de communication !
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